Depuis quelles sont autonomes, les universités connaissent des difficultés financières, les poussant à s’interroger sur les droits d'inscription, en vu d'une éventuelle augmentation...
L'université de Pau incapable de boucler son budget 2012, Bordeaux 3 contrainte à des choix drastiques dans ses formations… Exemples parmi d'autres des difficultés que rencontre pratiquement l'ensemble des universités françaises, y compris celles de la région. Les présidents d'université estiment que l'État ne joue plus suffisamment son rôle.
Face aux restrictions budgétaires engendrées par la crise, il est peu probable que l'État aille beaucoup plus loin, puisqu'il apporte déjà plus de 80 % des ressources des universités. Laurent Wauquiez rappelle avec raison que le gouvernement dont il fait partie a investi 26 milliards dans le secteur, entre les opérations de rénovation des campus et les investissements d'avenir. L'État devant déjà s'acquitter du financement de tous ces chantiers et projets de recherche, il est difficile d'imaginer que le président élu, quel qu'il soit, ira au-delà de cet effort. Quant aux moyens des collectivités locales, ils sont limités.
Des droits variables
Même si le sujet reste tabou, la question de la hausse des droits d'inscription est donc logiquement entrée dans le débat lors de la Conférence des présidents d'université de février dernier. Son président, Louis Vogel, a évoqué une « modulation significative de ces droits ». Autrement dit, variables selon les niveaux et les moyens des étudiants. C'est d'ailleurs le chemin que Sciences Po Bordeaux vient de prendre et que d'autres IEP ont choisi pour dégager de nouveaux moyens financiers.
L'hypothèse de droits modulables et progressifs séduit de nombreux responsables d'université, notamment parce qu'elle fait porter l'effort sur les plus aisés, même si sa portée reste limitée.
Manuel Tunon de Lara n'est pas de ceux-là. Il rappelle que des simulations de multiplication par quatre des droits ont été faites, et que « les effets redistributifs sont presque inexistants ». « Il ne faut pas se focaliser sur la question des droits, d'autant qu'il ne sera pas acceptable de les augmenter beaucoup. Nous devons réfléchir à d'autres ressources, comme celle de la formation professionnelle par exemple. »
La plupart des organisations étudiantes ou enseignantes refusent l'hypothèse d'une hausse importante des droits d'entrée, même s'ils sont progressifs. Le ministre lui-même reste prudent : « Je suis très attaché à ce que l'enseignement supérieur reste un moteur privilégié de l'ascension sociale. Cela implique que les coûts de scolarité ne soient pas prohibitifs pour les classes moyennes et modestes. »
Diplômes déjà chers
Les universités ont déjà contourné l'obstacle en créant des DU, diplômes universitaires propres aux établissements, qui ne sont pas assujettis à la règle des diplômes nationaux, dont le montant des droits reste fixé par l'État chaque année (voir ci-dessus). Certaines universités affichent en master des diplômes pour lesquels il faut débourser 6 000 à 7 000 euros l'année, pratiquement le coût réel d'un étudiant.
Dans le Sud-Ouest, ces DU existent aussi mais ne dépassent pas les 1 000 euros. Seulement, ils ont tendance à se multiplier. Sylvain Lehmann, de l'Unef Bordeaux, le déplore, et dénonce par exemple un diplôme universitaire quasi obligatoire accolé à un diplôme national à l'IAE (Bordeaux 4). Dans cet institut, on rappelle que l'inscription à ce DU n'est que de quelques centaines d'euros, qu'il est simplement conseillé de le passer, et que l'IAE croule de toute façon sous les demandes pour des DU aux tarifs plus élevés. Beaucoup de parents sont visiblement prêts à faire des sacrifices lorsqu'il s'agit de l'avenir de leurs enfants.
> Source : Sud-Ouest

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